Emilangues

S'ouvrir à l'international

Version imprimableEnvoyer à un ami

Dix ans après les objectifs fixés par le Conseil européen de Lisbonne, les enjeux d'ouverture des systèmes d'éducation et de formation au monde extérieur constituent une priorité renouvelée. Les sections européennes ou de langues orientales participent à donner une impulsion aux échanges européens et internationaux, à travers la mise en place de partenariats et de projets de mobilité et par l'enseignement de disciplines en langues étrangères.

Introduction

La stratégie de Lisbonne, issue du processus de Bologne en 2000, a fixé aux Etats membres de l'Union des objectifs destinés à faire de l'Europe la société de la connaissance la plus avancée du monde : améliorer la qualité et l'efficacité des systèmes d'éducation et de formation en répondant aux nouvelles exigences de la société ; faciliter l'accès de tous aux systèmes d'éducation et de formation afin de promouvoir la capacité d'insertion professionnelle et de l'évolution de carrière, ainsi que la citoyenneté active ; ouvrir au monde extérieur les systèmes d'éducation et de formation pour relever les défis liés à la mondialisation. En continuité avec ces objectifs, la stratégie Europe 2020 vise à renforcer la performance et l'attractivité internationale de l'Europe en matière éducative et à augmenter la mobilité des jeunes, étudiants et apprentis, à travers l'initiative Jeunesse en mouvement (Youth on the Move) : « D'ici à 2020, tous les jeunes Européens doivent avoir la possibilité d'effectuer une partie de leur parcours éducatif dans d'autres Etats membres » (José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, 3 septembre 2009). Dans ce cadre, le Conseil de l'Europe a publié le 15 septembre 2010 une recommandation intitulée
« Promouvoir la mobilité des jeunes à des fins d'apprentissage ».

Politique de coopération éducative européenne et internationale

Sept ans après l'instauration des premiers projets d'ouverture internationale (circulaire n°2002-017 du 24 janvier 2002 parue au BO n°5 du 31 janvier 2002), le système éducatif français s'inscrit aujourd'hui pleinement dans un contexte européen et international en mouvement. La circulaire n°2009-172 du 24 novembre 2009 parue au BO n°44 du 26 novembre 2009 traduit une volonté affirmée de renforcer la stratégie européenne et internationale dans les académies, à travers cinq axes majeurs : les partenariats internationaux, la mobilité des élèves, la mobilité des personnels, l'utilisation des TICE dans l'enseignement et l'apprentissage des langues, la politique de communication et d'information. Les délégués académiques aux relations européennes et internationales et à la coopération (DAREIC) sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la mise en œuvre de cette politique, soutenus par un réseau d'enseignants référents pour l'action européenne et internationale (ERAEI) et par un conseil académique de la coopération européenne et internationale (CCEI) collaborant avec les collectivités territoriales.

La réforme du lycée, appliquée dès la rentrée 2010 en classe de seconde générale et technologique, consacre un volet important à l'apprentissage des langues vivantes et à l'internationalisation des lycées, préconisant par exemple que chaque établissement noue au moins un partenariat avec un établissement étranger. Afin d'accompagner cette réforme, un séminaire national sur "Les échanges internationaux et l'apprentissage des langues vivantes au lycée" a été organisé le 6 mai 2010 par le ministère de l'Éducation nationale : les thèmes abordés lors de cette journée sont présentés sur le site Eduscol. Les sections européennes ou de langues orientales, inscrites dans le projet d'établissement, constituent un appui précieux pour la mise en œuvre de cette politique.

Les langues, un vecteur majeur de l'ouverture au monde

Chaque année le 26 septembre, la Journée européenne des langues invite à célébrer la diversité linguistique du continent et à se rencontrer autour de multiples manifestations. Cette initiative à laquelle de nombreux établissements scolaires prennent part a vu le jour lors de l'Année européenne des langues en 2001, dans le cadre du programme « Plurilinguisme, diversité, citoyenneté » introduit par le Conseil de l'Europe. Celui-ci visait à sensibiliser à l'importance d'un apprentissage diversifié des langues dans un contexte mondialisé, d'un point de vue sociétal comme économique. Il a également contribué à faire évoluer les politiques linguistiques nationales et les dispositifs éducatifs, comme en témoigne notamment l'essor de l'EMILE/CLIL en Europe (Content and Language Integrated Learning).
En proposant un renforcement en langue vivante dès la classe de 4e puis l'enseignement d'une discipline en langue étrangère à partir de la seconde, les sections européennes ou de langues orientales répondent en ce sens aux objectifs concrets d'éducation et de formation introduits par le Conseil de Lisbonne, permettant aux élèves de se construire comme de futurs citoyens actifs, forts de compétences linguistiques solides, capables de mobilité : autant d'atouts pour leur futur parcours professionnel et personnel.

Favoriser le dialogue par une éducation transculturelle des disciplines

Le rapport mondial de l'UNESCO Investir dans la diversité culturelle et le dialogue interculturel, publié en 2010, souligne que « dans un monde caractérisé par la diversité culturelle, le besoin se fait sentir de proposer de nouvelles approches du dialogue interculturel (...) [qui] dépend en grande partie des compétences interculturelles, c'est-à-dire de cet ensemble complexe de capacités qui sont nécessaires pour interagir comme il se doit avec des personnes différentes de soi. Par nature, ces capacités sont essentiellement communicationnelles, mais elles supposent aussi que l'on soit capable de reconfigurer ses points de vue sur le monde et l'idée qu'on en a (...) » (p. 11).
Le développement des sections européennes et internationales manifeste à cet égard le dynamisme de l'enseignement international en France, contribue à promouvoir l'image d'un pays ouvert aux autres cultures et marque less efforts en faveur de la diversité linguistique et culturelle. Au-delà de la dimension linguistique, les sections européennes ou de langues orientales s'appuient ainsi sur une pédagogie fondée sur un enseignement interculturel, qui amène les élèves à décentrer l'analyse à partir de documents authentiques mais également à travers une approche comparative des phénomènes et des thèmes au programme, dans le but de développer une connaissance approfondie de la civilisation du ou des pays concernés. Cette approche multipliant les perspectives est mise en œuvre dans le cadre de projets qui permettent de dynamiser les échanges et partenariats avec des établissements étrangers, mais aussi de sensibiliser aux enjeux de la citoyenneté européenne.

Favoriser l'émergence d'une citoyenneté européenne active

L'ouverture européenne et internationale s'inscrit dans une démarche d'éducation à la citoyenneté : il s'agit d'éveiller et d'aiguiser l'esprit critique des élèves, mais aussi de les rendre capables de communication, de débat et d'engagement partagé dans l'action, au sein d'une communauté marquée par la diversité culturelle et linguistique. Les programmes de coopération, qui ne se limitent pas a priori à des partenariats établis avec des établissements européens mais peuvent opportunément s'étendre à leurs homologues en Asie, en Amérique du Nord et du Sud en particulier. Ils permettent de travailler ensemble, sur des objets communs, en fonction de projets éducatifs. Ils donnent l'occasion aux participants de divers pays de trouver ensemble des " lieux d'intersections " culturels nécessaires à une bonne compréhension, comme le mentionne l'Essai sur la citoyenneté proposé par Marie-France Mailhos. La présence d'assistants étrangers de langues vivantes dans l'établissement scolaire permet en outre d'établir un rapport direct et régulier avec la langue et la culture étudiées, de même qu'un recours ponctuel à des intervenants extérieurs et l'organisation de visites d'institutions emblématiques au plan politique ou culturel.

Les moyens à disposition de l'ouverture

Il faut d'emblée souligner la diversité des dispositifs d'échanges et de mobilité qui permettent de mettre en œuvre un projet d'ouverture internationale. Ils s'adressent aux acteurs du système éducatif dans leur ensemble ainsi qu'aux élèves et apprentis, tenant compte des besoins spécifiques de chacun de ces publics.
Les pages « Initiatives et programmes » d'Emilangues vous présentent cette large palette de moyens disponibles pour mener des actions collectives variées et bâtir un projet de mobilité individuelle : ils sont académiques et régionaux, européens, bilatéraux et multilatéraux. Des pages pratiques vous accompagnent par ailleurs dans la mise en œuvre de vos projets : vous pouvez y consulter un guide en ligne de l'échange à distance, vous y procurer des pistes pour nouer un partenariat, trouver des financements ainsi que des fiches vous informant sur les pays qui vous intéressent, sur les systèmes éducatifs étrangers, la reconnaissance des diplômes français en Europe, etc...

Partager

Inscrivez-vous et recevez chez vous toutes les informations d’Emilangues.


Voir les anciens numéros

Se désinscrire

  • gfen
    Actualités

    Le Secteur Langues du Groupe français d'éducation nouvelle (GFEN) tiendra sa 7e Université d'été du 24 au 26 août 2015 à l'école Jean Moulin de Vénissieux. "Débuter" sera le mot-clé qui servira de fil conducteur à ces trois journées. Débuter : premiers pas, premiers actes, premiers essais... pour l'apprenant, pour l'enseignant.

Glossaire

Un terme du glossaire au hasard...

Aptitude acquise ou à faire acquérir et à développer par l’apprentissage. Elle permet à l’élève de réussir dans une activité intellectuelle.

Tout le glossaire