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Sections Eurocaribéennes et interculturel

Soumis par chatony le jeu, 22/03/2007 - 15:12.
Version imprimableEnvoyer à un amiA l’heure de l’ouverture des frontières européennes sous toutes leurs formes (géographiques, économiques, linguistiques, culturelles…), la réflexion sur le thème de la différence de point de vue est un besoin actuel. Ce thème de la différence - tout court - ne manque pas d’implications sur la formation des collégiens et des lycéens voire des élèves du premier degré. En effet, l’acceptation de l’autre ne commence-t-elle pas par la connaissance et l’acceptation de sa différence ? Mon propos portera tout particulièrement sur le lycée professionnel, vu que le LP est mon domaine d’intervention. Dans ce type d’établissement, l’accent est mis sur l’apprentissage d’un métier avec, à la clé, l’insertion professionnelle des élèves. Mais les volets de l’ouverture sur le monde et la mobilité ne sont pas négligés. C’est ainsi que dans l’Académie de Martinique, il n’est pas rare que les élèves des lycées professionnels effectuent à l’étranger leurs périodes de formation en entreprise. L’Académie de Martinique ne compte, pour l’instant que 2 sections européennes dites « Sections Eurocaribéennes » en lycée professionnel. Le vocable eurocaribéenne a été retenu dans la mesure où les périodes de formation en entreprise se sont déroulées jusqu’ici, pour les élèves de ces deux SELO, dans des îles de la Caraïbe. La classe de Bac Pro comptabilité eurocaribéenne du LP de Trinité a une partie de son enseignement professionnel en espagnol et la première promotion a effectué sa formation dans des entreprises de la République Dominicaine. La classe de Bac Pro vente eurocaribéenne du LP Place d’Armes a une partie de son enseignement professionnel en anglais et la première promotion a effectué sa formation dans des entreprises de Trinidad. Dans les deux établissements, les équipes pédagogiques et les élèves ont témoigné de la plus-value que procure ce volet de la formation. Mais le contact avec le monde extérieur ne se limite pas, loin s’en faut, aux stages, ni même aux sections européennes. Le professeur de lycée professionnel reconnaît heureusement le besoin de favoriser le contact de leurs classes avec les voisins d’Europe et/ou des îles hispanophones ou anglophones de la Caraïbe, pour ce qui est de la Martinique. Pour ne pas trop m’étendre, je vous cite juste deux exemples d’actions menées avec des lycéens de LP, indépendamment de l’organisation des Sections Européennes. Permettez-moi de commencer par un projet mis en œuvre en 1988, celui que je connais le mieux, l’ayant piloté en tant que professeur d’anglais de LP. Il s’agit d’un PAE (projet d’action culturelle) intitulé « L’industrie de l’habillement à la Barbade » auquel ont participé 20 élèves de deux classes de BEP Industrie de l’habillement et Vêtement Mesure et Création. Je précise que la dénomination de ces formations a changé depuis. Ils ont rencontré des professionnels de l’habillement sur l’île voisine de la Barbade, visité des entreprises industrielles et des boutiques de mode, afin de comparer les méthodes de travail des barbadiens avec les nôtres, ainsi qu’un établissement scolaire équivalent de nos lycées professionnels ayant des sections de formation en couture. L’impact de ce voyage a été d’autant plus grand que certains élèves se destinaient à faire carrière dans l’habillement. Mais leur enrichissement personnel, leur motivation lors de la préparation de ce voyage, au cours du séjour et à leur retour au lycée ont été très gratifiantes pour les deux équipes pédagogiques. Le deuxième exemple, plus récent, date de 2006. L’île de Grenade ayant été durement éprouvée par un cyclone, 13 élèves de divers baccalauréats professionnels (carreleurs, électriciens, menuisiers, peintres, plombiers) se sont vus associés à un projet de réhabilitation d’une école de formation professionnelle, New Life Organisation, dans le cadre d’un chantier-école de 60 jours. Ici encore, l’attitude de ces élèves dans le contexte étranger a surpris. En effet, non seulement le jeune perçoit le sens des activités scolaires menées en amont, mais en même temps le sentiment de mettre son savoir-faire au service de l’autre participe à sa formation civique. Pour conclure, je mettrai l’accent sur le fait qu’aujourd’hui aucun enseignant quelle que soit sa discipline, ne peut ignorer l’enjeu de la nécessaire ouverture à l’autre. Par conséquent, il revient à chacun de favoriser par tout moyen cette démarche, la SELO -Section Européenne ou de Langues Orientales- étant une réponse institutionnelle à ce besoin. Josiane Chatony, IEN-EG Anglais-Académie de Martinique

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L’enseignement de type EMILE a pour but d’ouvrir l’esprit à des réalités culturelles que les élèves apprennent à mieux connaître et à apprécier. En effet, la compréhension de l’autre ne se joue pas uniquement dans la langue, mais également par l’appréhension de sa culture et de sa civilisation. Dans une perspective interculturelle, l’enseignant devra apprendre aux élèves à porter un regard sur l’autre. La confrontation avec d’autres pratiques culturelles amène les élèves à réfléchir sur leurs propres valeurs et à les relativiser.

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