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L’interdisciplinarité LV-DNL est une symbiose, pas

Soumis par lecars le sam, 08/12/2007 - 00:31.
Version imprimableEnvoyer à un amiL’interdisciplinarité LV-DNL est une symbiose, pas une fusion. Le projet pluridisciplinaire est la base de la SE mais la pédagogie de projet est souvent entreprise comme un moyen ponctuel de lancer une dynamique alors qu’elle pourrait-être la base d’un projet global sur le long terme. J’ai pu travailler en équipe au Lycée Montaury de 2000 à 2007. La SE avait été conçue dès le départ sur un binôme LV/DNL. Nous avons rapidement trouver nos marques, même si de temps en temps il y eu quelques conflits territoriaux ou de personnalité… ce qui est le sel de la vie de tout binôme. Nous avons aussi adapté notre cadre de travail pour favoriser la collaboration. D’abord par un effort d’information mutuelle. Echanger sur ce que l’on fait permet de voir les points communs et les opportunités de rapprochement. Le professeur de DNL a souvent participé au réunion du groupe LV. Les élèves en seconde étaient regroupés en une classe, ce qui crée une équipe. Ces élèves avaient aussi une salle « euro » où se déroulaient une large partie de leurs cours. Ce lieu a permis de souder le groupe. Cette salle été décorée par des cadres présentant les projets de chaque promo. Cela crée une identité et un dynamisme. Les heures de DNL étaient en barrette avec les langues, il y avait donc toujours un temps où nous avions les classes en commun et les cours se succédant dans la même salle, nous nous voyons systématiquement aux inter-classes. Cela peut paraître simpliste, mais nous avions ainsi un temps d’échange très réguliers où nous pouvions même nous adresser en commun aux élèves. La répartition des tâches s’est rapidement imposée. Le prof de DNL était en charge de la programmation pour la préparation du bac euro et des partenariats avec les institutions européennes, la collègue de LV prenait en charge la préparation des échanges avec l’Angleterre. Pour garantir la durabilité du projet, nous avons établi un autre principe simple. La collègue de LV qui prenait une classe euro en seconde, gardait ce groupe jusqu’en terminale. Elle connaissait ainsi parfaitement les élèves et pouvait même s’adapter précisément à leur progrès en langue sur le très long terme. Notre collaboration durait ainsi trois ans. Lorsque que la section a compté deux groupes par niveau et près de 130 élèves, nous avions donc une équipe « roulante » de 6 profs de LV et 1 de DNL. Les domaines de chacun ont aussi été respectés. J’ai toujours évité de demander à mes collègues de faire des pseudo cours d’histoire en anglais. La méthode propre à une discipline ne s’improvise pas. De même, je n’ai jamais fait de pseudo cours de langue. Nous faisions une programmation commune, où les collègues d’anglais utilisaient des documents dans les mêmes thématiques mais en travaillant plutôt le vocabulaire, la communication et l’argumentation. La différence étant claire pour les élèves. Enfin nous organisions conjointement plusieurs sessions d’oraux blancs qui permettaient de mieux saisir les attentes de chacun. Ainsi nous avons monté de nombreux projets communs, dont certains demandaient un investissement comme des TPE complètement réalisés en langue : http://www.emilangues.education.fr/telechargement/lecoindes/formateur/tpe_europeens.pdf Pour conclure, je pense que l’interdisciplinaire pour fonctionner ne doit être ni ponctuelle ni complète. C’est une symbiose mais pas une fusion. Chacun doit trouver ses marques et son rythme. Travailler à deux ou plus est une charge supplémentaire de travail. Travailler en groupe peut parfois se résumer à « essayer de résoudre ensemble les problèmes que l’on n’aurait jamais eu tout seul ». Il faut donc ménager ou aménager le dispositif pour trouver un rythme qui permette des temps de pause et une souplesse. On ne peut être dans l’interdisciplinaire en permanence. Mais l’échange et le respect du travail de chacun doivent être continus. C’est une rencontre à mi-chemin. Seul un traitement homéopathique change le terrain. Mais c’est aussi une nécessité. C’est un temps précieux de formation mutuelle. Une section européenne sans équipe a de forte chance de s’effondrer au départ du prof de DNL, seule une équipe peut assurer la pérennité d’un projet. C’est un travail que l’on est peu habitué à faire. Pendant longtemps il n’a existé aucune ressource commune. Il y avait des listes et des sites de DNL, et d’autres de LV, comme il existe encore des équipes de DNL et de LV. Emilangue comble donc ce vide. Franck Le cars, Montpellier

Commentaires

L’interdisciplinarité LV-DNL est une symbiose, pas

Chère Françoise, Le thème du forum étant les relations entre les équipes, c'est sur ce point précis que je garde un très bon souvenir. En dix ans de DNL, et 4 établissements, j'ai eu aussi mes années difficiles, où toute exigence était taxée d'élitisme, où tout "voyage" en Angleterre se faisait principalement sur les vacances et sans la responsalité de l'établissement, des réunions où l'on vous explique que la DNL n'est qu'un gadget sans avenir et que je perds mon temps au détriment de mes autres classes... de ces difficultés je n'ai finalement tiré qu'une petite devise: que proviseur n'est qu'une déclinaison de provisoir, que l'on travaille pour soi, pour le plaisir de la discipline :-) et pour les élèves... Y'a aussi eu une année où le contact n'a pas été bon avec le groupe. Y'a pas de paradis sur Terre, Bon courage, Bonnes vacances et bonnes fêtes, Franck Franck Le cars, lycée Joffre, Montepllier f.le-cars@voila.fr

L’interdisciplinarité LV-DNL est une symbiose, pas

Aaaahhh, Franck, mais c'est le paradis que tu nous décris là! J'espère que tu es bien conscient de la chance que tes collègues et toi avez de travailler dans de telles conditions... Alors, à mon tour de raconter... le purgatoire. Reprenons point par point: - Créer une identité pour la section???? Mais vous n'y pensez pas Mme V, c'est excessivement malsain! Veuillez veiller à ne plus entretenir cet esprit élitiste. - Avoir une salle propre à la section? Mais vous n'y pensez pas, Mme V, ce serait du favoritisme, et puis il n'y a pas de raison, à quoi ça servirait? - Regrouper les élèves en une classe? Mais vous n'y pensez pas, Mme V, c'est excessivement malsain! Vous vous prenez pour une super prof qui ne peut enseigner qu'à de supers élèves? - Aligner les heures d'euro et les heures d'anglais? Mais vous n'y pensez pas, Mme V, c'est beaucoup trop compliqué, et puis quel intérêt? - Avoir des temps d'échange avec vos collègues? Vous n'avez qu'à vous réunir le soir, il y en a marre de ces profs qui demandent toujours quelque chose. - Prévoir un panneau d'affichage spécial pour les euros afin de valoriser leur travail? Vous avez des tendances élitistes. - Connaître les élèves en profondeur pour pouvoir s'adapter à leurs niveaux de façon personnalisée? Cessez donc de vouloir les mettre dans un cocon, vous les empêchez de se frotter à la réalité, et puis de toutes façons ils sont bons, occupez-vous donc plutôt des mauvais. - Et puis c'est quoi tous ces projets internationaux que vous cherchez à mettre en place? Ils ne servent qu'à satisfaire votre ego au détriment des intérêts supérieurs du lycée. Voilà... Ca c'était pour répondre à ce que tu racontais. J'en ai encore plein d'autre en stock qui concernent plus particulièrement le cours d'anglais euro, mais j'imagine que ça suffit comme ça. Heureusement, il me reste les élèves, et la bonne entente avec mes 2 collègues de DNL... sinon ce serait vraiment l'enfer... alors un autre jour, je vous raconterai quand même des projets interdisciplinaires, mais là, c'est ma minute déprime... F. Varillon Anglais Dunkerque

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