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Correspondances difficiles

Soumis par Gallois le lun, 09/10/2006 - 13:33.
Version imprimableEnvoyer à un amiTout professeur de langue sait qu'il peut être très motivant pour ses élèves d'organiser une correspondance avec une classe du pays dont il enseigne la langue. Quel meilleur moyen en effet pour faire travailler l'expression et/ou la compréhension, tant écrites qu'orales (par le biais du courrier, du mail ou de la vidéo par exemple) ? Par une telle approche actionnelle, la pratique de la langue dépasse le cadre d'un simple exercice scolaire et acquiert pour les élèves un véritable sens. Toutefois, pour un enseignant de langue arabe, il n'est pas facile de trouver des correspondants. Aussi, dès que l'occasion s'est présentée, je me suis engagée dans cette "aventure" sans hésitation. J'ai tenté l'expérience à deux reprises, à deux années d'intervalle, avec une classe de 3ème LV2. A chaque fois, le projet a suscité chez mes élèves sans exception un grand enthousiasme. Chacun, quel que soit son niveau, a rédigé de sa plus belle plume une première lettre dans laquelle il se présentait. Certains ont ajouté des dessins, des photos… Mais dans les deux cas, le projet est resté lettre morte. La première fois, j'ai engagé ce projet avec un éducateur chargé d'enfants dans le camp palestinien de Chattila au Liban, dont les coordonnées m'avaient été fournies par une amie. Nous avons échangé quelques mails, puis j'ai envoyé la première série de lettres de mes élèves. Peu après, il m'a envoyé un mail expliquant que les enfants dont il s'occupait traversaient une période très perturbée en raison du déclenchement de la 2ème Intifada en Palestine. Plus personne n'était motivé pour cette correspondance. J'ai expliqué la situation à mes élèves, qu'ils l'ont comprise malgré leur déception. La deuxième fois, j'ai été mise en contact avec un enseignant de français en Egypte par le biais de l'Institut du Monde Arabe. Cet enseignant se trouvait alors en France et je l'ai rencontré avec d'autres collègues enseignant l'arabe en région parisienne. Il semblait très demandeur, et nous avons été au moins deux à décider d'engager une correspondance avec différentes classes de son école. Mais tant mon collègue que moi-même avons été stupéfaits de ne jamais recevoir la moindre réponse aux lettres de nos élèves, ni aux différents mails que nous avons adressés ensuite au professeur égyptien. La déception dans ma classe a été terrible. Toute l'année durant, régulièrement, les élèves me demandaient si j'avais des nouvelles. J'étais pour ma part déçue de les décevoir, et de ne pouvoir leur fournir la moindre explication. Sophie Gallois - Académie de Créteil

Commentaires

Correspondances difficiles

"Partenaires défaillants" ! La difficulté que vous avez rencontrée n'est malheureusement pas si rare ! C'est en effet une situation très frustrante, qui outre la déception qu'elle provoque pour les élèves risque d'éloigner de ce type d'aventure de nombreux enseignants ! Que faire pour éviter ce genre de situation ? Je me permets de vous donner un conseil, un peu général, mais très simple et qui peut vous être utile : Avant d'impliquer vos élèves dans un projet de correspondance, il est important que vous meniez vous-même une correspondance avec le professeur partenaire afin de faire connaissance et d'élaborer ensemble le projet. En effet, mener un projet de correspondance (ou de tout autre type de projet d'échange à distance) nécessite que les professeurs de chacune des classes se constituent en "équipe pédagogique". Pour ce faire, il s'agit dans un premier temps que les deux enseignants échangent quelques informations : pourquoi souhaitent-ils mener ce projet ? Quels sont leurs objectifs ? Comment situent-ils ce projet dans leur enseignement de langues ? Est-ce que cette correspondance est simplement "un plus" offert aux élèves qui mèneront leur correspondance chez eux, en dehors des cours; ou bien est qu'il s'agit d'une démarche de projet qui étaye l'enseignement de la langue dans une perspective actionnelle ? Quel rythme d'échange de courriers envisagent-ils? Quel volume de temps peuvent-ils consacrer à ce projet de correspondance ? Quels supports peuvent-ils utiliser, le mail, le fax, la poste? De quels équipements techniques disposent-ils ? Et ainsi tous les éclairages qui vous paraissent importants pour éviter des malentendus. En un mot, il s'agit de passer "du simple contact positif " au "partenariat de travail" c'est-à-dire de faire connaissance avec ce professeur, avec son contexte éducatif, avec sa culture de travail… et réciproquement, de lui faire connaître votre contexte, vos enjeux, votre culture . C'est ainsi qu'une petite équipe peut se créer et s'engager dans un travail coopératif. Tout cela ne prend pas beaucoup de temps, un ou deux courriers électroniques, et vous aurez ainsi les premiers éléments qui vous permettront de voir si le projet peut démarrer, si vous pouvez en parler à vos élèves et les engager à écrire leurs premières lettres ou s'il est plus prudent de chercher un autre partenaire. Vous pouvez penser que cette étape est trop longue, qu'elle se heurte à votre impatience de démarrer votre projet, que l'année scolaire est trop brève…. Mais il est préférable de passer du temps à gérer au mieux la promesse de réussite d'un projet plutôt qu'à gérer les conséquences de son échec. Micheline Maurice - Formatrice

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Un terme du glossaire au hasard...

En informatique, on nomme tutoriel (de l'anglais tutorial) un document de tout type permettant d'aider l'utilisateur à se former de manière autonome à un logiciel ou à un langage de programmation. Il s'agit d'un outil pédagogique qui peut se présenter sous la forme d'un autre logiciel, d'une vidéo, d'un document textuel électronique ou papier, ou d'instructions détaillées pas à pas.

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